Point de vue
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Le message de Christian Rose,
Délégué général adjoint de l'AUTF (Association des utilisateurs de transport de fret)

 

 

L’AUTF, organisation représentant les chargeurs, défend une utilisation optimisée du transport en France auprès des instances nationales et européennes. La massification est un levier important de l’optimisation des transports et le fluvial s’inscrit parfaitement dans cette perspective. Nous ne nous fixons pas d’objectifs chiffrés de développement du transport fluvial en volume ou en part modale car notre rôle s’inscrit davantage dans une démarche qualitative consistant à donner au transport fluvial un environnement favorable à son développement. A cet égard, nous rappelons que nous avons été les promoteurs de l’ouverture en 2009 du 44 tonnes routier pour les logistiques fleuve-route et que notre positionnement en faveur de la généralisation du 44 tonnes comportait aussi le passage à 52 tonnes pour le multimodal. On doit regretter que les pouvoirs publics n’aient pas réuni toutes les parties prenantes pour discuter du sujet.

 

C’est également avec le souci de ne pas pénaliser les logistiques multimodales que nous demandons l’exonération de taxe poids lourds pour les trajets routiers de pré et post acheminement fluvial, et que nous voulons préserver de la spéculation foncière les sites bord à voie d’eau, dont nous prônons la sanctuarisation logistique et la préservation des dessertes routières.  

 

Nous sommes en outre convaincus que le fluvial ne se développera pas sans des infrastructures qui répondent à des logiques d’axes et de bassins, et qui sont capables de traiter des flux massifiés ; des accès directs dans les ports maritimes pour le traitement rapide des mouvements de conteneurs dont la croissance régulière s’intensifiera encore ; la suppression de goulets d’étranglement tels que le tronçon séquanien entre Bray et Nogent, ou à l’échelle européenne, Seine-Nord Europe aujourd’hui et Saône-Moselle/Saône-Rhin demain. 

 

Le mode routier s’est imposé pour de multiples raisons qu’on ne va pas lister ici. Le fait, pour un chargeur, de passer d’une logistique routière, qui lui apporte entière satisfaction et dont il maitrise la totalité, à une logistique comprenant au moins un maillon fluvial, ferroviaire ou maritime, qui va comporter des ruptures de charge et le conduire le cas échéant à revoir son organisation industrielle et commerciale, est un bond dans l’inconnu. Ce bond est d’autant plus difficile à franchir qu’il y a un déficit d’offres de prestations globales et intégrées. 

 

A cet égard, le Plan d’accompagnement au report modal fluvial (PARM) adopté par VNF, qui prévoit plus particulièrement le cofinancement d’études logistiques et d’études d’impact sur la production/distribution des marchandises, une aide à l’expérimentation de transport fluvial et une aide au financement d’outils de manutention, est de nature à doper l’intérêt des chargeurs pour le transport fluvial. 

 

Pour les chargeurs, rien ne serait plus pénalisant que de ne pas ou de ne plus avoir une offre de transport diversifiée. Dans une logique de complémentarité modale, chaque mode de transport a sa place. Et un rééquilibrage modal consistant à passer sur des modes massifiés les flux qui sont sur la route, davantage par habitude que par réelle pertinence, concourt au maintien d’une offre de transport plurielle et concurrentielle. Mais cela ne se décrète pas et s’inscrit dans la durée.  

 

En complément du bon accueil que nous réservons au PARM, VNF doit poursuivre ses efforts en vue d’améliorer les conditions de navigation sur le réseau, là où cela apparait nécessaire. Assurer de plus grandes plages d’ouverture des écluses et de meilleurs tirants d’eau sur le réseau secondaire font également partie de ces priorités et conditionnent notamment l’acceptabilité d’éventuelles hausses de péages. C’est donc tout naturellement que l’AUTF a soutenu l’enquête « chargeurs » lancée en 2012 par la division “Report modal” de VNF, visant à identifier des potentiels de développement de trafics sur le réseau Freycinet. La commission fluviale de l’AUTF continuera d’appuyer les démarches de report modal de VNF en diffusant auprès de ses adhérents les intérêts à franchir le pas de la multimodalité !


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