Modernisation du canal du Rhône à Sète : VNF va rehausser le pont routier de Carnon pour faciliter le passage des bateaux de fret

Le chantier de rehaussement du pont routier de Carnon va prochainement démarrer. D’une durée de 3 mois, les travaux consisteront à élever de 90 cm cet ouvrage d’art, propriété du Département de l’Hérault et de la Métropole de Montpellier, afin d’atteindre une hauteur de 5m94 et faciliter ainsi le passage des bateaux fluviaux de fret navigant sur le canal du Rhône à Sète.

Après une phase de préparation actuellement en cours (novembre-décembre), le chantier se déroulera en trois étapes (janvier-mars) :

  1. sciage de la chaussée de part et d’autre du pont,
  2. rehaussement du pont au moyen de gros vérins,
  3. reconstruction de la chaussée et aménagement des trottoirs et de la piste cyclable.

Suivront les dernières finitions (avril).

Le montant des travaux s’élève à 2.3 millions € et sont financés par VNF et la Région Occitanie (projet labélisé « Plan Rhône »).

Les travaux n’auront pas d’incidence sur la navigation fluviale.

La circulation sur le pont portant la route M62E3-RD62E3 sera interrompue du 3 janvier au 31 mars 2022. VNF mettra en place un service gratuit de navette fluviale pour assurer la traversée des piétons et des cyclistes 7 jours sur 7, de 6h à 21h. Pour les véhicules motorisés individuels et les transports en commun (bus et cars scolaires), la déviation routière se fera par le centre de Carnon. L’accès aux cabanes de Carnon sera maintenu pendant toute la durée des travaux.

Les défis du programme de modernisation du canal du Rhône à Sète

Les travaux de rehaussement du pont de Carnon s’inscrivent dans le programme de modernisation du canal du Rhône à Sète lancé en 2010 avec le soutien de la Région Occitanie.

Ce programme vise essentiellement à augmenter la capacité de l’infrastructure et à diminuer le temps de transit des bateaux.

A ce jour, 50 M€ ont déjà été investis notamment dans le relèvement des ponts pour élever la hauteur libre (Franquevaux,Lunel, Espeyran), les rescindements des courbes (Carnon, Aresquiers, Lunel), l’aménagement de zones de croisements (Aresquiers, Lunel) ou encore la modernisation ou la réalisation de postes d’attentes (Vidourle, Franquevaux, Fontignan, Saint-Gilles, Tourradons);

 

Les prochains travaux à mener dans le cadre d’une nouvelle contractualisation font l’objet de discussions avec la Région Occitanie sous l’égide de la Préfecture Occitanie et en lien avec le Préfet de bassin. Ils pourraient concerner le rehaussement des ponts des Tourradons (travaux 2022-2023) et le confortement de la courbe de Maguelone, ainsi que d’importants travaux de régénération des berges. En effet, le canal du Rhône à Sète connaît d’importants problèmes d’érosion de ses berges en particulier dans les étangs, les différentes techniques à mobiliser et le plan de financement restent à déterminer.

 

La double vocation du canal du Rhône à Sète : fret et tourisme

Long de 65 km, le canal relie le Petit Rhône de l’écluse de Saint-Gilles au Port de Sète. Sa vocation est double : fret et tourisme.

Le canal accueille des trafics de marchandises, principalement de la houille et des céréales. La moyenne des trafics entre 2015 et 2020 est de l’ordre de 200 000 t/an. L’impact socio-économique annuel du trafic fluvial représente 17 M€ de chiffre d’affaires et génère 100 emplois dont 70 emplois directs.

Il accueille également un important trafics de touristique avec 6 bases de location sans permis, 7 bateaux promenade, 8 péniches hôtels et pour la plaisance privée plus de 1000 anneaux gérés par VNF, auquel il faut ajouter ceux disponibles dans les ports fluviaux et les haltes gérées par les collectivités (plus de 550). Les retombées économiques du tourisme s’élèvent également à 17 M€/an et représentent 100 emplois directs.

Le canal assure en outre une fonction d’irrigation des terres agricoles et de protection des populations contre les crues du Rhône et du Vidourle.

La mise en place d’une nouvelle gouvernance dédiée associant toutes les parties permettra de construire un contrat de canal ambitieux au service du développement économique du territoire. Les atouts « fluvestres » du territoire sont considérables (patrimoniaux, naturels, gastronomiques, œnologiques, balnéaires…). Les démarches pour la construction du contrat de canal ont débuté au dernier trimestre 2021 avec un objectif d’aboutir en 2022.

Aller en haut de la page