VNF Sud-Ouest, acteur de l’eau dans un paysage institutionnel complexe


Pour assurer les différents usages de la voie d’eau, l’alimentation du canal des deux mers s’appuie sur un réseau hydraulique complexe, constitué de barrages et de rigoles artificiels, mais aussi de fleuves et de rivières naturelles.

Les évolutions climatiques et environnementales impliquent une exigence accrue sur la maîtrise de la gestion hydraulique tant sur les aspects quantitatifs et qualitatifs de la ressource, l’anticipation des risques (sécheresse, crues), la maintenance et le fonctionnement des ouvrages que la prise en compte des enjeux de sécurité publique. 

La gestion hydraulique au cœur de l’activité de VNF

La gestion hydraulique constitue un enjeu majeur pour VNF Sud-Ouest.

A ce titre, il intègre un réseau de gestionnaires, d’organismes officiels, de comité de suivi et d’instances de concertation diverses.

La fonction hydraulique s’inscrit dans un environnement multiple prenant en compte :

  • le renforcement des obligations réglementaires ;
  • la notion de gestion partagée de la ressource ;
  • le contexte local spécifique (irrigation agricole, forte fréquentation touristique) ;
  • la situation hydrologique sensible et hydro-déficitaire du bassin de l’Aude et ses affluents tenue sous haute surveillance.

Un paysage institutionnel complexe

Le réseau des acteurs se compose notamment de la Mission interservices de l’eau et de la nature (Services de l’Etat), les Agences de l’eau Adour-Garonne et Rhône-Méditerranée-Corse, les établissements publics territoriaux de bassin (SMEAG, SMMAR, EPIDOR), des syndicats mixtes, des gestionnaires d’eau (IEMN, BRL) ainsi que des comités de concertation pour la situation hydrologique et les mesures de gestion (crues, sécheresse).

Des conventions spécifiques

VNF Sud-Ouest transporte de l’eau pour le compte de deux institutions, l’Institution des Eaux de la Montagne noire (IEMN) et la Compagnie Bas-Rhône Languedoc.

La Compagnie Bas-Rhône Languedoc (BRL) est une société d’économie mixte locale. Son capital est détenu majoritairement par la Région Occitanie, ainsi que les Départements du Gard, de l’Hérault, de l’Aude, des 0Pyrénées Orientales et de la Lozère.

Une  convention entre VNF et BRL réglemente le transport d’eau dans le canal du Midi pour le compte de BRL. Elle fixe les conditions et volumes de prélèvement de l’eau dans le canal pour assurer les besoins agricoles gérés par la compagnie et leur restitution, par des apports des barrages de la Ganguise, de Jouarres et des Monts d’Orb, pour permettre à VNF d’assurer le bon fonctionnement du canal, notamment pour les besoins de la navigation. Cette convention est assortie d’un dispositif de contribution financière pour la participation aux frais d’entretien du canal et de ses rigoles.

Ce conventionnement permet de répondre aux enjeux de gestion hydraulique pour VNF. Ces deux dernières années ont vu une augmentation sensible des volumes restitués afin de répondre à la politique de gestion quantitative rigoureuse de l’eau dans le bassin de l’Aude.

L’Institution des Eaux de la Montagne noire (IEMN). Le système alimentaire de la Montagne Noire comportait à l’origine une rigole d’alimentation et un barrage réservoir (Saint-Ferréol, 1672), rehaussé en 1685 (6.3 Mm3 limité à 4.8 Mm3). Ce dispositif a été étoffé ensuite par la construction du barrage du Lampy (1681 – 1.7 Mm3) pour répondre aux besoins du canal du Midi.

Pour satisfaire aux besoins d’eau potable et d’irrigation, d’autres barrages ont été construits sur le réseau alimentaire par l’Institution des Eaux de la Montagne Noire (Barrage des Cammazes  en 1958 et barrage de La Galaube en 2001).

Par convention, VNF Sud-Ouest dispose, pour garantir l’alimentation du canal et assurer ses fonctions, d’un volume d’eau réservé dans le barrage des Cammazes (4.3Mm3). En contrepartie, il exploite et assure une partie de l’entretien courant du barrage des Cammazes et manœuvre les vannes télégérées pour le compte de l’IEMN. Depuis la construction de l’adducteur Hers-Lauragais par l’IEMN en 1992, ce droit est transféré dans le barrage de la Ganguise (convention IEMN/BRL). La convention formalise les modalités de compensation des prélèvements réalisés sur le système alimentaire en Montagne noire par les agriculteurs pour l’irrigation des cultures.

VNF dispose également d’un volume d’eau réservé dans le barrage de La Galaube (0.4 Mm3),  géré par l’IEMN et VNF en assure une exploitation limitée à la manipulation du système de vannages sur consignes de l’institution.

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