Projet SEDI-CRS : valoriser les sédiments du canal du Rhône à Sète en ressources au service du territoire

La saturation des casiers de stockage des sédiments issus du dragage du Canal du Rhône à Sète impose de trouver et de déployer une réponse systémique, innovante et ancrée dans le territoire. Pour mener ce projet de recherche baptisé SEDI-CRS, VNF a créé fin 2025 avec la société d’ingénierie Neo-Eco un consortium qui bénéficie du soutien financier de l’Union européenne (fonds FEDER instruits par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, autorité de gestion). Quatre années seront nécessaires pour expertiser le potentiel de valorisation des sédiments pour la rénovation de digues des canaux ou l’aménagement de routes. Le projet est actuellement en phase de développement en laboratoire avec des premiers résultats attendus avant fin 2026. SEDI-CRS se distingue par sa vocation industrielle et opérationnelle car l’objectif est bien d’atteindre une mise en œuvre réplicable, en structurant des filières pérennes de valorisation et en créant les modèles économiques qui les soutiennent.

Agir contre une menace existentielle sur le canal

Le Canal du Rhône à Sète est confronté à une accumulation progressive de sédiments, phénomène naturel accentué par les bouleversements climatiques : épisodes pluvieux plus intenses, érosion accrue, dépôts plus fréquents dans les étangs et le canal.

Cela fait peser une menace forte sur le devenir du canal et les missions qu’il remplit pour les territoires : transport de marchandises, tourisme fluvial, protection des populations et des biens contre les crues du Rhône et du Vidourle, transfert d’eau douce depuis le Rhône vers la Camargue gardoise pour irriguer les terres agricoles et contribuer à la lutte contre la salinisation qui touche l’agriculture et la biodiversité…

Aussi, VNF mène des dragages en régie qui permettent d’extraire chaque année jusqu’à 100 000 m3 de sédiments issus du dragage mais les casiers de stockage d’une capacité de 800 000 m3 sont aujourd’hui saturés à 80%. Peu chargés en polluants, ces sédiments présentent des teneurs en sel qui les classent en sédiments « non dangereux » soumis à la réglementation des déchets, qui rend plus difficile leur réutilisation.

Du déchet à la ressources : une nouvelle ambition de valorisation

SEDI-CRS ambitionne de mettre en place de nouvelles filières de valorisation des sédiments de dragage avec pour avantage de réduire les effets négatifs (notamment le clapage et ses impacts environnementaux), et de créer des débouchés locaux pérennes générateurs d’activité économique et d’emplois sur le territoire.

Grâce à des enquêtes de terrain auprès des acteurs du territoire (maîtres d’ouvrage, industriels, services de l’État), les besoins réels et les débouchés effectifs ont collectivement été évalués.

Les tests d’applications seront effectués suivant 7 types de valorisation : les sédiments pourront servir de matériaux à la constitution du noyau de digues et berges, au recouvrement végétal, à l’enrochement, à la bordure extrudée, à la couche de forme et d’assises ou encore au béton compacté routier.

Les caractéristiques chimiques, agronomiques et mécaniques des sédiments seront analysées pour confirmer les filières compatibles. Ces applications couvrent un large spectre des besoins du territoire, allant de la construction d’ouvrages hydrauliques à la technique routière.

 

Un projet phasé sur 4 ans

SEDI-CRS se déploie de manière progressive et rigoureuse en quatre phases de 2025 à 2029.

  • Le projet a déjà franchi la phase 1 (juil. – déc. 2025) de caractérisation des gisements avec l’identification précise des sédiments disponibles, de leurs propriétés physiques et chimiques, et de leur potentiel de valorisation.
  • Il est entré en phase 2 (janv. 2026 – sept. 2027) dite de développement en laboratoire avec la formulation des éco-matériaux et éco-produits, les tests de performance technique et la vérification de leur innocuité environnementale selon les protocoles de Neo-Eco).
  • La phase 3 (sept. 2027 – mars 2029) consistera en une expérimentation terrain avec une mise à l’épreuve des solutions en conditions réelles.
  • Tout au long du projet, une étude territoriale transversale sera menée avec une analyse continue des besoins du territoire (phase 4) pour s’assurer que les matériaux développés trouveront des débouchés locaux.
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