Sécheresse et canicule : comment le réseau fluvial participe à la résilience des territoires ?

Les épisodes de sécheresse et de canicule que traverse notre pays cet été renforcent la pression sur la ressource en eau. Face à ces crises, le réseau fluvial fait partie des éléments de réponse et de résilience pour les territoires.

Un maillage de réserves hydrauliques

Les 6 700 kilomètres de fleuves canaux et rivières gérés par Voies navigables de France compte 42 barrages-réservoirs dont la capacité totale de stockage est de 140 millions de m3 d’eau, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’eau potable de 2,5 millions de personnes.

Ces réserves d’eau constituées pendant les périodes d’hiver et/ou crues sont utilisées dès lors que les débits naturels ne sont plus suffisants pour garantir les différents usages de l’eau :

  • L’alimentation en eau brute des territoires pour la production d’eau potable ;
  • L’irrigation des zones agricoles ;
  • La préservation des milieux naturels et de la biodiversité ;
  • L’usage industriel de l’eau (activité économique et refroidissement de centrales électrique) ;
  • La navigation sur les voies d’eau.

Bien plus qu’une simple infrastructure de transport donc, les voies navigables jouent un rôle stratégique crucial en tant que réservoirs d’eau pour maintenir de nombreux usages essentiels aux territoires.

Infographie expliquant ce qu'est un barrage-réservoir

Depuis ces dernières années, Voies navigables de France mène un ambitieux programme de régénération et de modernisation de ses infrastructures, dont ses barrages-réservoirs, véritables outils d’anticipation face aux variations climatiques .

Des ouvrages pour maintenir les niveaux des fleuves et rivières

Infographie expliquant ce qu'est un barrage de régulation

En aval des barrages réservoirs, nos 10 000 ouvrages hydrauliques œuvrent à la gestion fine de la ressource en eau. Parmi eux, le rôle des barrages de régulation (ou de navigation) est essentiel. Ces 350 ouvrages répartis sur tout le réseau permettent de réguler le débit et le niveau d’eau des fleuves.

Grâce aux barrages de régulation, et aux Grands Lacs de Seine qui soutiennent le débit en période de sécheresse, même lors des étés les plus secs, la Seine reste navigable, permettant aux péniches, bateaux-hôtels et barges de poursuivre leur route.

Durant les étiages sévères de 2022 et 2023, ce système a été crucial : il a permis de maintenir tous les usages de l’eau, avec un niveau garanti dans Paris alors que le débit naturel du fleuve chutait jusqu’à 60 m³/s, soit 70% de moins que son débit moyen de 200 m3/s.

Un soutien inédit contre les feux de forêt

Canadair sur la Seine

En situation d’urgence, le réseau fluvial peut aussi venir en soutien des services de secours dans la lutte contre les feux. Cela a notamment été le cas lors de la lutte contre les feux de la forêt de Fontainebleau.

Au plus fort de l’incendie, les Canadairs ont pu écoper dans la Seine pour lutter contre les flammes. Les équipes locales de VNF étaient mobilisées aux côtés des secours pour assurer la sécurité des navigants et occupants du fleuve pendant ces opérations inédites.

Un réseau d’îlots de fraîcheur et de sites d’activités nautiques

En plus de ses berges, véritables îlots de fraîcheur, le réseau fluvial urbain peut aussi être un soutien fort des territoires pour traverser les épisodes de forte chaleur. C’est par exemple le cas à en région parisienne où des zones de baignade autorisée sont mises en place grâce à une action coordonnées de l’Etat et des collectivités locales.  En régions, de nombreux sites d’activités nautique et de baignade sont également accessibles à tous.

<p><strong>Activités sur et au bord de l&rsquo;eau</strong></p>

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