Panorama : tendances et chiffres clés du transport fluvial

Avec près de 7,4 milliards de t-km, le trafic fluvial enregistre une croissance à deux chiffres en 2019 par rapport à 2018 (+10,0%). Dans le même temps, le trafic, exprimé en volume, atteint un peu plus de 56,3 millions de tonnes soit une augmentation de 9,0%.

Une tendance positive de l’activité fluviale qui profite globalement à l’ensemble des filières (et plus particulièrement sur les 2 principales : agrégats et céréales) et qui s’explique en grande partie par le dynamisme du bassin Seine-Oise (+ 10,3% en t-km) et par un retour à un niveau de fret conforme à la norme sur les réseaux de l’Est (+18,5% sur le Rhin et +10,2% sur le bassin mosellan).

L’activité fluviale a globalement profité à l’ensemble des secteurs

C’est notamment la filière agroalimentaire qui engrange au terme de l’exercice une croissance de 15,5% en t-km (+11,1% en volume). Cette dernière, comme au précédent exercice, reste la principale contributrice à la hausse du trafic (soit un gain de 304 millions de t-km). Ces résultats s’inscrivent dans la continuité d’une fin de campagne céréalière positive, et d’une nouvelle campagne qui se poursuit sur une croissance notable. Suivant les dernières estimations de l’Agreste la production de blé tendre atteindrait 38,2 millions de tonnes, soit +12% par rapport à 2018 et +8,1% par rapport à la moyenne 2014-2018. Dans ce contexte c’est l’ensemble des bassins qui bénéficient de cette embellie, même si elle profite plus particulièrement à celui de la Seine qui affiche une augmentation de 16,3% en t-km (+15,4% en tonnes).

La croissance de la filière matériaux de construction reste toujours sur deux chiffres avec une augmentation de 11,6% en t-km (+13,9% en volume), soit un gain de 258 millions de t-km. En effet, le transport d’agrégats continue de bénéficier d’une forte dynamique grâce au BTP. Ainsi selon la dernière enquête FNTP, la dynamique des travaux est grande (+12,7% en cumul à fin novembre) porté par les grands projets (notamment ceux du Grand Paris) et par les investissements des communes à l’approche des élections municipales.

La filière énergétique enregistre un redressement par rapport à 2018 (+4,7% en t-km), dans le même temps le volume d’activité reste stable (-0,2%). A noter toutefois la disparité d’évolution entre les produits pétroliers qui évoluent à +8,4 % en t-km (+0,5% en tonnes) et les charbons qui suivent une tendance à la baisse (-5,5% en t-km et -2,6% en tonnes).

La filière métallurgique enregistre une croissance de 2,2% en t-km pour un volume d’activité en légère contraction (-0,7%). Cette progression est essentiellement due aux livraisons de produits métallurgiques (+6,8% en t-km et +5,3% en tonnes) alors que dans le même temps l’ensemble minerais et déchets pour la métallurgie est en net recul (-5,7% en t-km et -7,2% en tonnes). Ce sont principalement les bassins de la Seine et le Rhin qui contribuent à cette évolution.

La filière engrais-chimie enregistre une augmentation en t-km de 5,4% (+6,0% en tonnes). Cette progression des trafics se concentre essentiellement sur les bassins rhénans (+24,4% en t-km) et mosellans (+21,1%) qui du fait de l’amélioration des conditions hydrologiques ont remis en activité les unités fluviales spécialisées.

Pour l’ensemble conteneurs, colis lourds et transactions diverses, les prestations progressent de 3,8% en t-km alors que les volumes sont en légère baisse (-2,9%). L’évolution contrastée entre les t-km et les tonnages résulte en partie de la disparité d’évolution entre les bassins et notamment entre le Rhône dont les lignes conteneurs se réalisent sur des longues distances et qui progressent sur la période de référence et le Rhin dont les trafics conteneurisés sont effectués sur de courte distance sur le territoire national et qui baissent en volume.

Un trafic en croissance sur l’ensemble des bassins

  • Sur le réseau Nord, les prestations en t-km augmentent de 2,9% (avec une relative stabilité des volumes : -0,9% en tonnes). La filière des agrégats avec un gain de 29,3 millions de t-km est le premier contributeur à la hausse sur le réseau nord (+15,6% en t-km et +18,1% en tonnes). Cette hausse résulte d’une reprise du BTP et de l’arrivée de nouveaux acteurs sur la voie d’eau. La filière agroalimentaire, grâce à une amélioration de l’activité sur le 4ème trimestre, affiche une augmentation de 19,2 millions de t-km (+ 6,6% en t-km). Cette évolution traduit une bonne campagne céréalière avec des flux plutôt orientés à l’exportation via Dunkerque. En revanche, les produits énergétiques et la filière métallurgique sont en recul, soit respectivement -24,7% et -9,6% en t-km. Ceci reflète la poursuite de la disparition progressive des flux de charbon. Sur la filière métallurgique, la baisse est consécutive aux difficultés des acteurs économiques de la filière. La filière « produits chimiques » affiche des trafics d’engrais stables.
  • Les prestations en t-km sur la Seine-Oise enregistrent une croissance qui tangente les 10% (+10,3% pour les tonnes transportées). Le dynamisme de ce bassin repose pour l’essentiel sur les agrégats (+10,4% en t-km et +14,0% en tonnes) soit un gain de plus de 179 millions de t-km, et sur la filière agroalimentaire (céréales et produits oléagineux). La croissance de ce dernier secteur est également à deux chiffres, soit +16,3% ou encore une augmentation de 165 millions de t-km par rapport au précédent exercice (+15,4% en tonnes). A noter également la croissance de la filière métallurgique (+5,4% en t-km et +0,1% en tonnes).
  • Le bassin mosellan achève l’exercice 2019 sur une forte progression de l’activité avec +10,2% en t-km (+16,5% en tonnes). Ce bilan positif résulte en partie de l’effet mécanique lié à l’étiage du 4ème trimestre 2018. L’activité du bassin est concentrée majoritairement sur la Moselle canalisée. Trois secteurs sont en hausse notable : tout d’abord la filière agroalimentaire avec +14,3% en t-km (+15,6% en tonnes) – le port de Metz qui est le premier port intérieur français pour cette filière retrouve en 2019 les volumes d’avant 2018 -, les minéraux bruts et matériaux de construction avec +50,5% en t-km (+32,1% en tonnes) et la filière chimique avec +21,1% en t-km (+21,1% en tonnes).
  • Le bassin Rhône-Saône enregistre une progression de 5,7% en t-km malgré une baisse des tonnages transportés (-3,9%). La disparité d’évolution entre ces deux indicateurs s’explique par la diminution des trafics de sables et graviers réalisés le plus souvent sur courte distance (-14,8 % en tonnes). Ceci traduit une conjoncture atone malgré les gros chantiers (Metro B à Lyon, travaux quartier Lyon Part Dieu, chantiers aéroports de Lyon…). Les trafics de sels, eux, se portent bien (+5% en tonnes) et contribuent à la réduction de l’écart mesuré en t.km. Dans le même temps les trafics céréaliers (flux sur longue distance) sont en forte augmentation (+14,9% en t-km pour +12,2% en volume). Il faut ajouter à ces chiffrent le trafic fluviomaritime qui représente environ 10% des flux dans le bassin notamment pour les céréales, engrais et produits métallurgiques. L’année 2019 marque en effet un record de récoltes. A noter également le retour de la croissance sur les conteneurs (+5,1% en t-km). La filière chimique connaît une augmentation du volume d’activité (+3,0% en tonnes) malgré une baisse des prestations en t-km (-6,7%). La filière énergétique enregistre une baisse, liée à une réduction d’activité du principal client importateur de charbon, en revanche le pétrole et carburants connaissent des tendances positives.
  • Les trafics des ports rhénans français enregistrent une nette progression de l’activité avec +18,5% en t-km (+16,9% en tonnes), soit un total annuel de 12,5 millions de tonnes et 1,17 milliards de t-km (pour mémoire en 2017, année sans accentuation du phénomène de basses-eaux, le trafic sur ce bassin était de 13,0 millions de tonnes et 1,14 milliards de t-km). A l’instar de la Moselle, ces bons résultats sont dus à une bonne hydraulicité du fleuve après un second semestre 2018 qui avait enregistré une période de basses-eaux importante. L’ensemble des filières enregistre des prestations en t-km en nette augmentation que ce soit sur le vrac sec, notamment les agrégats (+24,4% en t-km et +26,8% en tonnes) ou la filière agroalimentaire (+19,2% en t-km et +14,3% en tonnes) ou sur les transports spécialisés, soit +14,3% en t-km pour la filière énergétique (essentiellement des hydrocarbures) et +18,4% pour la filière chimique.

Les conteneurs : vers une diversification du fluvial

Le trafic de conteneurs exprimé en Equivalent Vingt Pieds (EVP) apparait en hausse par rapport à l’année précédente. Sil es trafics de conteneurs avaient baissé de 6,1% entre 2017 et 2018 (du fait notamment des basses eaux rencontrées sur le Rhin). L’année voit donc une reprise de l’activité de 2,6% au niveau national.

Les flux du réseau nord et du bassin de la Seine sont en léger recul. En revanche, après une période de basses eaux en 2018, qui a fortement impacté le transport fluvial, le Rhin profite d’une reprise de l’activité en 2019. Même tendance pour le bassin rhodanien qui a vu en 2019 une meilleure gestion des chargements des barges à Fos-sur-Mer.

<p>Les chiffres du <strong>transport fluvial</strong> en 2018</p>

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