Un engagement fort pour moderniser le réseau fluvial

VNF consacre en 2026 un investissement de près de 250 millions d’euros pour entretenir, reconstruire et moderniser les ouvrages de navigation (barrages, écluses…), automatiser et sécuriser leur fonctionnement.

Objectif : améliorer la fiabilité et la performance du réseau fluvial.

Un investissement conséquent dans la régénération du réseau

Pour rattraper progressivement les effets d’un sous-investissement historique, la régénération du réseau représente la part la plus importante du budget d’investissement de l’établissement. En 2026, VNF y consacre près de 100 millions d’euros, mobilisé sur près de 300 opérations réparties sur l’ensemble du réseau. Elles concernent à la fois les ouvrages de grand gabarit datant des années 1960-1970 et ceux de petit gabarit en très grande majorité du XIXe siècle.

« Voies navigables de France gère le plus grand réseau de voies navigables d’Europe. Cette ressource exceptionnelle, à la fois ancienne et vivante, est aujourd’hui fragilisée par les effets du changement climatique. Pour relever ce défi, VNF maintient un niveau d’investissement élevé à travers un vaste programme de régénération de ses ouvrages, de modernisation de ses outils de pilotage et de transformation de son organisation. L’engagement continu de l’État constitue un levier majeur pour atteindre les objectifs de planification écologique du pays et contribue directement au dynamisme économique des territoires » – Cécile Avezard, Directrice générale de Voies navigables de France. 

Renforcer la résilience du réseau face aux aléas climatiques

Conséquences directes du réchauffement climatique, les épisodes de crues et de sécheresses, qui tendent à se renforcer, accentuent la pression sur les ouvrages hydrauliques et soulèvent des enjeux en matière de sécurité.

Pour y répondre, VNF consacre en 2026 26 M€ à la mise en sécurité et à l’adaptation du réseau au changement climatique, notamment dans le cadre de plusieurs actions :

  • La réalisation de travaux d’étanchéité sur les barrages-réservoirs de Panthier (situé sur le canal de Bourgogne), de la Mouche (situé sur le canal de Champagne à Bourgogne, en Haute-Marne) et de Plessis (situé sur le canal du Centre, en Saône-et-Loire),
  • La reprise de digues endommagées sur l’ensemble du réseau. Par exemple, le bief d’Artaix qui relie Roanne à Digoin, impacté à la suite d’un affaissement de terrain ayant entrainé un soulèvement du cuvelage du canal.
  • La reconstruction du barrage manuel de Beaulieu et la poursuite des études opérationnelles concernant les barrages de l’Yonne et de la Marne.

En complément, VNF maintient ses efforts de dragage pour assurer la navigation, avec un budget dédié de 3,9 millions d’euros. En 2025, des actions ciblées avaient déjà été menées dans plusieurs canaux (Rhin canalisé, canal du Rhône à Sète, canal d’Aire à Cuinchy, à l’écluse des Fontinettes ou encore le canal du Rhône au Rhin).

Un réseau performant au service des usagers

Ce vaste programme de modernisation du réseau et de la gestion hydraulique vise à répondre aux attentes des professionnels de la logistique et des navigants sur le grand gabarit pour la compétitivité et le développement du secteur, mais aussi des acteurs économiques des territoires.

La téléconduite des ouvrages de navigation

  • Au cœur de cette démarche, VNF développe des postes de conduite centralisée (PCC) qui regroupent l’ensemble des outils de surveillance, supervision et télégestion des ouvrages. Ce système de téléconduite permet une supervision centralisée des ouvrages et offre un service plus réactif et performant pour les usagers. Auparavant postés sur chaque écluse, les « opérateurs de téléconduite » travaillent désormais dans un PCC qui gère plusieurs écluses. Ils ouvrent et ferment les portes, surveillent les opérations et communiquent avec les usagers à distance. En outre, ce mode de travail permet des conditions de travail plus sûres pour ces personnels.
  • Sur le réseau à petit gabarit, les écluses sont pilotées grâce à des télécommandes remises aux navigants et les agents VNF peuvent intervenir à distance depuis les PCC.

Une gestion de l’eau modernisée

Pour soutenir cette supervision centralisée, VNF déploie un important programme d’instrumentation de son réseau. L’objectif est de mesurer en temps réel les hauteurs d’eau, les débits, les volumes prélevés ou restitués, afin d’adapter la gestion aux besoins réels et d’optimiser le partage de la ressource.

Dans un contexte de changement climatique marqué par l’intensification des épisodes de sécheresse ou d’inondation, cette capacité de réaction rapide devient cruciale. Grâce à ces données, les opérateurs peuvent anticiper les tensions hydrologiques et moduler les usages en temps utile.

Près de 2 500 capteurs sont déjà déployés sur l’ensemble du réseau. Ils alimentent les outils de supervision et d’anticipation (hypervision) en données en continu, permettant à VNF d’assurer une gestion plus fiable, plus fine et plus sobre de l’eau.

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