Zoom : la téléconduite sur le bassin de la Seine

Afin d’offrir un meilleur niveau de service à ses usagers et clients, VNF a modernisé l’exploitation de ses ouvrages en développant les postes de téléconduite permettant de commander à distance l’ouverture et la fermeture des écluses.

Du Canal du Nord à Moislains

Depuis le 1er juin 2018, six postes de de téléconduite commandent à distance l’ouverture et la fermeture des douze écluses situées au sud du canal du Nord, entre Pont-l’Evêque (60) et Moislains (80), en cohérence avec l’exploitation au nord de l’itinéraire. Après la téléconduite des écluses et barrages de la Petite Seine (entre Marolles et Beaulieu) début 2017, c’est le deuxième projet de téléconduite mis en œuvre sur le bassin de la Seine.

Cette modernisation des méthodes d’exploitation a également permis à VNF d’améliorer son niveau de service sur un secteur à enjeux pour le fret fluvial. En élargissant les horaires d’ouverture des écluses à 14 heures en semaine et 9 heures le week-end, les bateaux de commerce peuvent effectuer davantage de rotations et être plus compétitifs. En moyenne, 2.6 millions de tonnes de marchandises circulent chaque année sur cette section du canal du Nord, qui relie le bassin de la Seine, via l’Oise, au nord de la France.

 

Six postes de téléconduite

Les PC de téléconduite sont implantés sur le terre-plein des écluses de Moislains, Feuillaucourt, Cléry-sur-Somme, Languevoisin, Campagne et Noyon. Le souterrain de la Panneterie est exploité par le PC 16 de Campagne. Sur chaque poste de téléconduite, l’opérateur manœuvre à distance deux écluses et visionne les manœuvres à partir de ses écrans de contrôle. En cas de panne ou de difficulté à une écluse, un agent d’exploitation peut intervenir sur site pour reprendre en local les manœuvres.

Suivre en temps réel le trafic fluvial

Les nouvelles technologies de géolocalisation en temps réel des bateaux, notamment l’AIS (Automatic Identification System), offrent de nombreux avantages pour mieux superviser le trafic fluvial.

Grâce à l’AIS, les opérateurs de téléconduite peuvent suivre en temps réel les mouvements des bateaux et mieux anticiper leur passage aux écluses. Cette technologie permet non seulement de fluidifier le trafic mais aussi d’économiser l’eau en regroupant les bateaux lors de leur passage. VNF a installé quatre antennes relais AIS à Clairoix, Noyon, Bussu et Ytres. L’activation de l’AIS est fortement conseillée aux usagers du canal du Nord, pour la sécurité de la navigation et la régulation du trafic.

Une modernisation des métiers

Auparavant postés sur chaque écluse, les « opérateurs de téléconduite » travaillent désormais dans un poste de commandes centralisé qui gère deux écluses.

Grâce à l’automatisation, ils effectuent les manœuvres d’ouverture et de fermeture de portes à distance et surveillent les opérations sur leurs écrans de contrôle. Ils communiquent avec les usagers de la voie d’eau via un système de télécommunication dédié. Quatre-vingt-quatre caméras ont été installées sur les écluses pour superviser le passage des bateaux.

Le canal du Nord en chiffres :

Long de 95 km, le canal du Nord relie l’Oise dans le bassin de la Seine à la Sensée dans le bassin Nord-Picardie. Son tracé débute à Arleux, près de Douai (59), pour arriver à Pont-L’Evêque, près de Noyon (60). Il compte 19 écluses, 17 stations de pompage et 2 souterrains.

Téléconduite des écluses de la Petite Seine

Réalisé par Voies navigables de France, cet important projet de modernisation de l’exploitation des écluses a représenté un investissement de 8 M€, dont 2,7 M€ de la Région Île-de-France dans le cadre du Contrat de Plan Etat/Région 2007/2013.

Le plus important centre de téléconduite construit par VNF

Mis en service en février 2017, ce poste de commande centralisé (PCC) situé à Mouy-sur-Seine est le plus important centre de téléconduite réalisé par VNF. Ultra-moderne, utilisant des antennes relais pour la transmission des données, ce PCC permet de commander à distance sept écluses (de Marolles à Beaulieu) et de surveiller le niveau d’eau de quatre barrages de navigation. Ce nouveau mode d’exploitation des ouvrages de navigation est opérationnel depuis février 2017 sur ces 50 km de la Seine qu’on appelle la « Petite Seine » et qui relie Nogent-sur-Seine à Montereau-Fault-sur-Yonne.

Une exploitation moderne et de nouveaux métiers

Auparavant postés sur chaque écluse, les agents VNF sont désormais regroupés sur un même site et se relaient par équipe de trois opérateurs pour gérer la navigation fluviale. Sur leurs écrans de contrôle, les opérateurs de téléconduite peuvent manœuvrer à distance l’ouverture et la fermeture des portes d’écluses, et communiquent avec les usagers via un système de télécommunication dédié.

Les opérateurs peuvent suivre en temps réel les mouvements des bateaux, grâce à un système de géolocalisation par AIS (Automatic Information System), et ainsi anticiper leur passage aux écluses. Cette technologie permet de fluidifier le trafic en cas de forte affluence et d’économiser l’eau en regroupant les bateaux lors de leur passage.

Sur cet itinéraire très fréquenté par la navigation de commerce, le trafic aux écluses a augmenté de plus de 50 % en 10 ans et représente aujourd’hui entre 25 et 30 passages de bateaux par jour à chaque écluse, soit plus de 200 opérations d’éclusage à réaliser au PCC de Mouy-sur-Seine.

Une meilleure offre de service pour les transporteurs et les entreprises

En regroupant les agents sur un même site, VNF a pu ouvrir la Petite Seine à 14h par jour en semaine (au lieu de 10h) et 9h le week end, comme sur le reste de la Seine à l’amont de Paris. Cette augmentation des horaires d’ouverture des écluses permet d’améliorer la compétitivité des transporteurs sur ce secteur en plein développement.

Le trafic sur la Seine en amont de Paris, entre Nogent-sur-Seine et Paris, représente 7 millions de tonnes de marchandises manutentionnées dont 4,5 MT entre Montereau à Nogent-sur- Seine, principalement des granulats et des céréales.

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