La restauration des paysages du canal du Midi
Sur le canal, où en est-on ?
Présent depuis plusieurs décennies en France, le premier foyer de chancre coloré sur le canal du Midi a été identifié en 2006 dans le département de l’Aude. Depuis, le champignon s’est propagé rapidement, dans un premier temps dans les départements de l’Aude et de l’Hérault, et plus récemment dans le département de la Haute-Garonne.
Le canal est un milieu particulièrement sensible à la propagation du chancre coloré. L’eau transporte en effet les spores du champignon de manière très efficace. Les activités humaines contribuent également à sa transmission : terrassements divers, travaux d’entretien paysager (élagage des arbres ou entretien des espaces verts), chocs des coques de bateaux sur les racines des arbres, ….
Malgré les mesures de prophylaxie mises en place pour ralentir la propagation du chancre coloré du platane, la maladie gagne du terrain et on compte désormais 33 350 platanes abattus sur les 42 000 dénombrés le long du canal du Midi avant l’apparition de la maladie (chiffres janvier 2026).
Depuis le lancement du projet, Voies navigables de France a investi près de 110 millions d’euros à ce projet, dont 13 millions apportés par des collectivités territoriales (Conseil régional Occitanie, Départements de l’Hérault, de l’Aude et de la Haute-Garonne) et 11 millions issus de dons.
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Crédit photo : VNFDSC_0211
Crédit photo : VNFLa lutte contre l’expansion de la maladie se poursuit
Voies navigables de France confie chaque année une prospection des nouveaux cas d’arbres touchés par le champignon à des experts indépendants. Ces experts procèdent au contrôle de l’intégralité des platanes toujours présents sur le canal des Deux-Mers, et procèdent à des prélèvements qui sont ensuite analysés en laboratoire en cas de suspicion.
Les abattages doivent ensuite être réalisés rapidement, conformément aux prescriptions réglementaires et en concertation avec les collectivités concernées. Au-delà de l’arbre infecté, plusieurs arbres autour doivent également être abattus pour ralentir la propagation de la maladie (selon les zones cela peut concerner jusqu’à 35 voire 50 mètres dans certains cas de figure). Cette mesure s’explique également par le fait que les platanes partagent leur réseau racinaire et la sève qui y circule. Un arbre infecté peut donc contaminer plusieurs arbres à proximité, sans que ces derniers ne portent immédiatement de signe de maladie.
L’abattage et le brulage systématique des arbres malades est une obligation légale encadrée par des règlements européens et des arrêtés ministériels et départementaux, visant à limiter la dispersion du chancre coloré du platane sur le territoire national. Plus d’information sur le site de la DRAAF.
Les chantiers de neutralisation de la maladie sont organisés chaque année en deux campagnes pour tenir compte de la biodiversité en limitant les impacts sur la reproduction ou l’hibernation de certaines espèces animales cavernicoles (oiseaux et chauves-souris particulièrement). Des mesures sanitaires spécifiques sont mises en place lors de ces chantiers pour éviter la propagation des spores (brûlage du bois infecté, désinfection drastique des chantiers et des outils…).
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Crédit photo : VNFUn programme de replantation ambitieux
Depuis 2012, VNF met en œuvre un programme de restauration des plantations et des berges du canal du Midi.
Pour élaborer ce projet d’envergure, Voies navigables de France s’est entouré d’équipes pluridisciplinaires réunissant des spécialistes, des scientifiques et des experts dans les domaines patrimonial et historique, arboricole et paysager. Le programme de replantation concerne l’ensemble du canal du Midi, incluant les canaux de Jonction et de la Robine.
Validé en 2012 par le Ministère de l’agriculture, une feuille de route sert de feuille de route pour permettre la reconstitution d’un paysage arboré ambitieux et harmonieux :
- choix de sujets de grande taille restituant, à terme, l’effet de colonnade et de voûte arborée
- respect de l’espacement des arbres tel qu’aujourd’hui (7 à 8 mètres en moyenne)
- maintien ou restauration d’une symétrie sur les deux rives
- homogénéité des essences sur de grands tronçons
Afin de limiter les risques d’une autre épidémie de grande ampleur à l’échelle du canal, plusieurs essences d’arbres ont été sélectionnées et sont replantées. La nouvelle essence identitaire retenue est le chêne chevelu, arbre résistant et de hauteur comparable au platane. Il sera planté sur de grandes sections d’un bout à l’autre du linéaire et occupera 40% de celui-ci. D’autres essences d’arbres viennent s’intercaler, sélectionnées elles aussi pour leur hauteur, leur longévité et leur adaptation aux milieux traversés.
Chaque hiver, ce sont entre 1300 et 1500 arbres qui sont plantés.
Les autres phases du projet
Les programmes de replantation sont précédés de travaux de renforcement des berges mises à mal par la disparition des racines de platanes.
Les arbres font ensuite l’objet d’un programme de suivi constitué de différentes phases d’entretien, impliquant des intervenants aux compétences complémentaires diverses sous la coordination de Voies navigables de France. Chaque hiver, 3000 arbres sont taillés (taille de formation) afin de favoriser leur développement et leur intégration esthétique dans les paysages. D’autres missions d’entretien sont également cruciales, comme la surveillance des pathogènes ou l’arrosage.
Le projet intègre également l’installation de 1 800 nichoirs destinés à compenser temporairement la disparition des habitats naturels liée à l’abattage des platanes, le temps que la faune puisse progressivement recoloniser les jeunes arbres replantés.